« Merci »

Tout à l’heure à la fin de la première partie de notre rencontre parents/enfants/galette du 23 janvier, un petit bonhomme est venu nous dire « merci , merci pour la ceinture » mais comme je le lui disais cette ceinture il l’a méritée, et tous les autres aussi, par leur travail et leur implication. Bien sûr que tout est perfectible techniquement , et heureusement car sinon nous nous serions tous lassés rapidement au bout d’un an ou deux. Bien sûr qu’ils ne connaissent pass toutes les techniques parfaitement (mais je ne suis pas certains de les connaitre moi-même)

Au delà de la technique nous essayons surtout de développer des qualités, la compréhension que l’effort paye, que l’important n’est pas de battre l’autre mais d’avoir fait de son mieux dans ce qu’on entreprend, que si l’on progresse ce n’est pas parce qu’on est meilleur que l’autre mais parce qu’on est meilleur qu’hier grâce à l’autre. La nuance ferait sans doute rire les tenants des arts de destruction mais c’est ce qui fait la richesse et la spécificité de notre art tellement à contre-courant du monde vers lequel on voudrait nous entraîner.

Chacun des enfants, ce soir, a été gratifié d’une ceinture qui est la reconnaissance d’un niveau technique mais surtout des qualités qu’il a utilisé et développé pour y arriver.

Je ne citerai que quelques exemples car je pourrais en citer pour chaque enfant ou ado du club :

Axel qui est une pile électrique, est souvent concentré sur ce qui se passe à coté de lui mais qui à chaque fois qu’il doit expliquer à un nouveau est d’une patience infinie, attentif à lui faire comprendre les choses, à transmettre ce qu’il sait ==> l’attention portée à l’autre.

Raphaël qui quelques fois a du mal faire les techniques mais qui accueille les conseils et essaye de les mettre en application ==> la persévérance .

Mindy souvent en retrait et timide de prime abord mais qui a eu le courage d’aller au cours ado pour progresser et qui, de fait, progresse ==> la volonté.

Philomène qui, sans le savoir, a pratiqué mitori geiko (je vous laisse en chercher la définition) pendant plus de 2 années, des soucis de santé l’ont en effet éloignée des tatamis. Malgré ça elle est venue au dojo , régulièrement, assise sur le banc à regarder le cours, quelques fois en assistante pendant le cours. Toujours avec le regret de ne pas pouvoir pratiquer. J’ai vu beaucoup d’adultes déserter les dojos pour des blessures moins importantes ou juste par flemme. Quand j’ai un peu mal au dos ou la flemme et que la tentation de ne pas pratiquer pointe son nez je me dis « hep hep hep Philomène, elle, elle monte sur le tapis alors tu te bouges pépère et plus vite que ça!! » (oui je suis admiratif qu’à son âge on soit aussi courageux). C’est un peu comme si on me mettait devant la vitrine du pâtissier et qu’on me disait  » tu vois les gateaux là? les religieuses, les flans, les petits fours? eh bien tu ne peux pas en manger!!! » Il y a de fortes chances que j’explose la vitrine et que je me sauve en courant la bouche pleine de crème au beurre… Ben elle non elle regarde la vitrine tous les jours.

Lorsqu’elle est remontée sur le tatami elle a enlevé son hakama car « elle n’avait plus le niveau » ==> l’humilité alors que certains adultes pensent que tout est acquis ( et non pas aiki) et ne se remettent jamais en cause.

Marc Antony : une autre pile électrique, capable de se mettre en mode « samourai » et habiter le mouvement, surtout au boken ==> la concentration

Le groupe des ados de façon générale, la joie de pratiquer ensemble, une bonne humeur et de la bienveillance

Bref je crois que c’est à nous les professeurs de remercier les enfants de leur présence sur le tatami, de nous montrer par l’exemple que les qualités intrinsèques de notre art existent réellement et qu’elles produisent des enfants ouverts, joyeux, bienveillants les uns envers les autres et que sans doute ces qualités contribueront à améliorer un monde que certains voudraient plus délétère. (enfin je l’espère très fortement)

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